Foot- SRFC : Pour la crise, il faudra repasser… (SRFC-OM,2-1)

Tout va si vite dans notre délicieux football. Après la crise et des appels à peine déguisés à une révolution de palais totalement lunaire et sans recul, le calme semble revenu sur la planète Roazhon. Après avoir gagné le « terrifiant match de la peur » à Nice grâce à une meilleure maîtrise d’ensemble, les Rennais ont enchaîné un second succès contre l’OM, en « pleine bourre » avant la rencontre. L’amour rend aveugle et celui de la victoire ne doit pas faire perdre cette même lucidité qui permettait de voir encore poindre un brin de lumière quand tout était noir, il y a une semaine à peine.

Ce Stade Rennais-là, qu’on se le dise, ne s’est pas métamorphosé en dix jours et n’est pas revenu dans les canons de celui qui a enchanté le début de saison. Il peine toujours autant à transpercer son adversaire, à déséquilibrer un bloc désespérément bas et sans ambition comme celui des Marseillais, et reste fragile défensivement, surtout dans ses entames de mi-temps. L’OM, avec un vrai buteur plus à l’aise avec ses pieds et un brin de détermination supplémentaire, aurait pu mettre KO les Bretons dès les 20 premières minutes. Il ne l’a pas fait, tant pis pour lui, tant mieux pour le SRFC. La nervosité de son entraîneur, qui semble rêver d’octogone avec certains médias plus que d’instaurer un fond de jeu à son équipe, a déteint sur ses joueurs. Illustration avec le jeune et très intéressant Pape Gueye, dont l’agressivité non contrôlée, était cautionnée après-match par un coach s’estimant lésé. Demandez à Hamari Traoré quel était le goût des crampons du jeune milieu de terrain ou à M’Baye Niang si l’ancien havrais dispose d’un bon levé de coude. Rouge incontestable, n’en déplaise aux Olympiens, même si l’on peut en revanche légitimement s’interroger sur l’obstination de M.Turpin a ne pas aller voir la VAR (était-elle en panne pour une affiche si importante? Allez savoir…). Toujours est-il que l’OM se tirait une balle dans le pied dans un match qu’il contrôlait, sans frayeur.

Après le repos, en supériorité numérique, les Bretons ont logiquement pris le dessus, s’employant à user les Marseillais dans la largeur en passant d’un côté à l’autre. Le rendu n’était pas des plus excitants mais fut rudement efficace, avec d’abord l’improbable coup de tête d’Hamari Traoré puis le but renard (oublié de la défense) d’Adrien Hunou, avec ce poteau enfin décidé à donner un coup de pouce aux Rennais. Le refus de jouer des visiteurs combiné aux entrées réussies de Benjamin Bourigeaud, Adrien Hunou et Adrien Truffert ont fait la différence. Le coaching inspiré de Julien Stéphan, comme à Nice, prouve que le technicien rennais n’a nullement perdu la clé ou les idées pour performer. Le retour de Nayef Aguerd, une nouvelle fois très bon devant et derrière est aussi pour quelque chose dans ces six points obtenus en quelques jours.

Avec Lorient, dimanche à 17 heures, puis Metz, mercredi à 19 heures, le Stade Rennais voit six points ‘prenables » avant les fêtes que beaucoup imaginent déjà, à tort, acquis. Il n’en est rien et deux combats s’annoncent. Un derby et une question de survie pour des Merlus noyés dans les approximations depuis le mois d’août puis le poil à gratter messin, capable de gagner à Montpellier contre toute attente. Julien Stéphan le répète semaine après semaine, personne, pas plus le Stade Rennais que d’autre, n’a de marge dans un championnat toujours plus serré et imprévisible. S’il n’était pas le plus mauvais il y a dix jours, le club breton n’est pas devenu un cador qui va tout écraser sur son passage en raison de deux victoires successives.

Après une si longue période de doute, la priorité reste de retrouver la confiance, les bases, puis les résultats et les points. Viendra ensuite, espérons-le, la manière, notamment avec des semaines un peu plus normales pour permettre de s’entraîner, de récupérer et de travailler tactiquement. Imaginez cela avec, en plus, le retour du public ? Dans le coup malgré un premier trimestre démentiel en termes de matchs à enchaîner, le Stade Rennais prouve déjà qu’il a eu raison de ne pas céder à la panique. Pour la crise, désolé, mais il faudra repasser plus tard ou aller voir ailleurs. Confirmation attendue dès dimanche soir.

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