Claire Scheid, artilleuse en chef, désormais libérée, délivrée !

Auteure d’une première moitié de saison impressionnante (septième buteuse de la division avec 42 buts en sept matchs, soit six par match), Claire Sheid, 22 ans, fait le bonheur des « Roses » cette saison pour sa seconde saison au Saint-Grégoire RMH. En pleine confiance, elle savoure cette excellente période mais ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !

Au moment où les calendriers des autres sports accélèrent avec des cadences infernales, vous voici au repos pour un mois. Cette trêve est-elle simple à négocier ?

Nous n’avons pas de matchs avant janvier mais pour autant, nous ne sommes pas en vacances ! Au contraire, nous profitons de ces deux mois de coupure pour faire beaucoup de foncier, de course et de travail physique. Il y a aussi de la musculation et tout cela va nous servir pour la suite de la saison. Nous touchons aussi pas mal le ballon même s’il n’est pas simple de trouver des adversaires de bon niveau qui puissent être disponibles, sans aller trop loin. L’adrénaline et le plaisir de la compétition manquent un peu mais nous bossons toujours autant.

Mentalement, cette coupure ne risque-t-elle pas de faire du mal et de couper la belle dynamique actuelle de l’équipe ?

Il faut rester dedans, être concernées. Sur le plan du double projet (Claire termine ses études de mathématiques appliquées et statistiques, ndlr), cela permet de travailler un peu plus car avec les matchs le week-end, ce n’est pas toujours simple de se dégager suffisamment de temps pour approfondir niveau études. J’entre bientôt en période d’examens, j’en profite pour accélérer les révisions. 

« Je sais désormais ce que l’on attend de moi »

Tu es arrivée à Rennes en début de saison passée. As-tu définitivement adopté la région et ton nouvel environnement ?

Sincèrement, oui, je me sens vraiment très bien ici et j’ai l’envie de rester à Rennes. La ville me plait, nous nous entendons bien avec les filles. Au départ, je suis quelqu’un de timide mais une fois que je connais bien, je ne laisse pas ma part pour rigoler ou participer à la vie du groupe. Le fait d’être beaucoup plus à l’aise cette année, de mieux connaître tout le monde, m’a libérée.

L’an passé, on sentait que tu pouvais faire beaucoup mieux, impression confirmée avec ta grosse première moitié de championnat. Comment l’expliques-tu ?

Si j’ai de bonnes statistiques cette saison, je le dois déjà et avant tout à mes coéquipières, qui savent me mettre en bonne position au tir. Nous avons des enclenchements qui fonctionnent et qui me permettent d’être efficace, tant mieux. Maintenant, il a fallu aussi que je me fasse violence, que je sorte de ma coquille. J’ai discuté avec le staff, avec les filles et je sais désormais ce que l’on attend de moi. On m’a demandé de prendre ma chance, de frapper, d’y aller. Désormais, je n’ai plus d’appréhension, je sais ce que j’ai à faire et je m’y atèle. Je me suis enlevé une pression que je me mettais sans doute beaucoup trop la saison passée. Je suis beaucoup libérée que l’an passé.  

« Nous avons un public exceptionnel »

Il te reste pour autant, on l’imagine, des domaines à perfectionner ?

Oui, je dois être meilleure dans l’appréhension de la distance de combat, réussir à m’engager plus offensivement, améliorer ma relation avec le pivot et travailler mes duels. Je suis une joueuse assez grande et je dois faire de cette particularité une force et non restreindre mon jeu à cause de cela.

Collectivement, estimes-tu cette première partie de championnat réussie ?

Nous sommes dans les clous de nos objectifs et avons réussi, dans l’ensemble, de belles prestations, hormis les matchs perdus à la Stella Saint-Maur et Saint-Amand. Il y a de la maturité dans notre équipe, une vraie solidarité et la capacité de réagir pendant les matchs mais aussi après une défaite. L’envie de gagner est omniprésente et nous a sans doute parfois joué des tours. A vouloir trop bien faire, nous nous sommes parfois égarées en privilégiant la solution individuelle à la solution collective. Pour autant, ce groupe apprend et progresse. C’est très intéressant pour la suite.

Comment expliquer la dualité domicile/extérieur, avec quatre victoires et un revers à la maison et l’inverse en déplacement ?

Chez nous, nous avons un public exceptionnel qui nous pousse et joue un rôle très important. Nous aimons défendre, quitte à être une équipe chiante à jouer pour nos adversaires. Il y a beaucoup de solidarité et ce sera dur de venir prendre des points à la Ricoquais. A l’extérieur, nous nous préparons pourtant bien et tout est fait pour que nous soyons dans de bonnes dispositions mais ça sourit moins. Cela va venir !

Quelle ambition, entre vous, joueuses, entretenez-vous pour cette deuxième partie de championnat ?

Nous voulons désormais clairement terminer parmi les quatre premiers et rejoindre les play-offs. Le maintien serait ainsi assuré, quoiqu’il en soit et surtout, nous pourrions nous frotter aux meilleures équipes de la division. Ce serait une belle occasion d’apprendre, d’accumuler de l’expérience et de s’éclater sans pression. 

Cesson avec la Proligue, le CPB en Nationale Une et l’actualité de l’équipe de France féminine au championnat d’Europe. Consommes-tu du hand en dehors des terrains, est-ce une vraie passion ?

Depuis petite, j’ai suivi ma grande sœur sur les parquets. Je suis mordue de ce sport, j’adore aller voir des matchs, masculins ou féminins. Je vais bien sûr suivre les Bleues et je suis convaincue que l’on peut réussir la passe de trois ! Ce serait énorme, et cela va nous faire quelques petites soirées bien sympas entre copines ! Concernant les garçons, j’avoue ne pas être au fait des classements des uns et des autres mais je ne loupe jamais une occasion d’aller les encourager !

Propos recueillis par Julien Bouguerra

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