Geir Gudmundsson : « L’Islande est le plus beau pays du monde »

Dans la discrétion mais aussi avec l’expérience qui sont siennes, Geir Gudmundsson, qui attaque sa quatrième saison en Bretagne, est le plus ancien Irréductible derrière l’enfant du pays Sylvain Hochet. Entre blessures et relégation, il évoque ces deux dernières saisons difficiles mais enrichissantes humainement à l’aube d’une saison qu’il aborde avec envie et détermination, avec pour seul objectif de ramener le club en Lidl StarLigue. 

Déjà trois ans passés en Bretagne et la découverte cette année de la Proligue. L’Islande ne te manque pas trop ?

Sincèrement, c’est ma fiancée qui me manque le plus puis la famille. Ensuite les amis, puis le pays…et aussi la neige ! Il ne neige pas assez, ici, par rapport à ma ville natale, Akureyri !  Ce n’est pas toujours facile, je passe pas mal de temps sur Face Time avec eux mais j’aime aussi la France et la Bretagne, je m’y sens désormais bien. Quand je suis arrivé, les gens étaient sympathiques avec moi. Quand ils voyaient que je ne parlais pas français du tout, ils faisaient l’effort de me parler en anglais. La France est très accueillante, c’est un beau pays. Aujourd’hui, je comprends bien le français, j’arrive à m’exprimer même si j’ai un sacré accent. J’aime visiter la région, qui est très agréable. Nous avons fait le Mont Saint-Michel, Dinard, Saint-Malo. Il est aussi agréable d’aller boire un café dans Rennes. Ici, il fait beau et il y a beaucoup de soleil par rapport à l’Islande (rires) ! 

Beaucoup disent pourtant qu’il pleut toujours en Bretagne. Tu t’y sens bien au point d’avoir l’envie de rester en juin prochain, à l’issue de ton contrat ?

Je suis, c’est vrai, dans ma dernière année de contrat ici à Cesson et sincèrement, pour le moment, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Si le club me propose quelque chose, bien sûr que j’y réfléchirai. Aujourd’hui, ma petite amie fait son master de kiné en Islande, c’est compliqué pour nous, nous nous voyons toutes les six semaines mais c’est notre choix de vie pour le moment. Nous verrons bien en juin prochain ce qui est le mieux pour tout le monde.

L’idéal, ce serait d’arriver à l’été prochain avec la montée en poche ! C’est l’objectif annoncé des dirigeants mais entre joueurs, l’est-ce aussi ?

Bien sûr, il faut ramener le club d’où il vient. Nous voulons prendre cette saison les matchs un par un pour les gagner. Nous avons vu contre Strasbourg que nous n’avons aucune marge. Quand nous ne sommes pas à 100 %, tout le monde peut nous battre. En revanche, quand nous sommes tous concentrés et impliqués à fond, nous serons difficiles à bouger et tenons à le rester. Mon premier objectif, avant toute autre considération cette saison, c’est de tout donner pour aider à ramener Cesson à sa place, en première division. 

« L’Islande est le plus beau pays de monde ! »

Tu as connu trois premières saisons contrastées à Cesson. Comment les analyses-tu avec le recul ?

Lors de la première saison, ce fut plutôt pas mal, avec du temps de jeu et des résultats contrastés. Nous n’étions pas si mal. La saison suivante fut plus compliquée, avec de grosses blessures qui m’ont tenu éloigné des terrains. Malgré tout, le maintien avait permis de passer à autre chose. Puis il y a eu l’an passé où ce fut très difficile…

Avec le départ de Gudmundur Helgason, et bien sûr, la relégation ?

Gummi, c’est mon cousin, c’était ma famille ici, nous étions un repère l’un pour l’autre ici et c’était précieux, c’est sûr ! Pourtant, au-delà de son départ, c’est la saison, les pépins physiques à répétition et ce final qui me sont restés en travers. Pontault, ce fut horrible ! Je revenais en forme, j’étais bien fin avril et je me blesse lors de l’entraînement précédent le déplacement chez eux, début mai… J’ai suivi le match à la maison, en me bouffant les doigts puis en étant assommé par le résultat. Nous avions l’occasion, en gagnant là-bas, d’assurer notre maintien ou du moins, de faire un grand pas… Ce fut très difficile à digérer mais cela donne la force cette année pour nous rattraper, corriger cela !

L’effectif de cette saison te parait-il plus fort que l’an passé ?

Sincèrement, oui. Nous avons beaucoup de qualités à chaque poste et beaucoup de joueurs sont arrivés sans le vécu difficile des deux dernières saisons. Sur mon côté, avec Florian Delecroix et Youenn Cardinal, nous avons des profils très différents avec une vraie polyvalence, c’est très intéressant. Chacun apporte ses qualités. 

Quel est ton objectif personnel cette saison. Es-tu enfin débarrassé de tes pépins physiques ?

Je ne me suis plus senti aussi bien depuis mon arrivée en 2015. Je suis à 100 %, en pleine possession de mes moyens, notamment grâce à Sandrine Agricole avec qui nous avons très bien travaillé. Elle m’a permis de me remettre parfaitement et je suis désormais prêt à tout donner, que ce soit pour 5 ou 55 minutes. Peu importe le temps de jeu que l’on m’offre, je compte bien m’arracher et tout donner sur le terrain pour le club. 

Comment le discours passe-t-il avec Christian Gaudin ?

Très bien. Il a une approche différente de ce que nous faisions avec Yérime Sylla. Leurs visions et idées de jeu sont différentes. Avec moi, Christian parle plusieurs langues. Nous échangeons en français, parfois en anglais…et même en allemand. Pourquoi ? Je ne sais pas mais comme je parle un peu allemand, je peux lui répondre ! 

Penses-tu toujours à la sélection nationale ?

J’y pense toujours, bien sûr, j’aimerais y revenir mais il y a beaucoup de monde. C’est toujours une fierté de représenter son pays mais il faut pour cela jouer, enchaîner et être performant, à haut niveau. Franchement, aujourd’hui, ma priorité est à Cesson.

L’Islande est devenue une destination touristique de tout premier plan. A juste titre selon toi ?

C’est juste le plus beau pays du monde (rire) ! Là-bas, il y a la mer, les montages, les volcans, la neige. Bon, il y a moins de soleil qu’ici, c’est vrai mais c’est un pays très agréable. Les gens sont fiers de travailler, de donner le maximum chacun dans son domaine et nous sommes loin d’être froids comme le veut le cliché. Très loin de là, il suffit de venir faire la fête avec nous pour le constater ! 

Recueilli par Julien Bouguerra 

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