S

Reléguées après deux saisons en D2, les « Roses » n’auront mis qu’une année à retrouver l’antichambre d’élite. Celles-ci ont plutôt bien abordé le championnat avec une défaite et une victoire et devront rester vigilantes dans une nouvelle formule de championnat loin de faire l’unanimité.

Un effectif renforcé.

Lors d’une montée, le plus important, au-delà des individualités, l’essentiel est de pérenniser un état d’esprit et une ambiance de groupe. Les ambitions de chacune pouvant rapidement prendre le dessus sur un projet collectif, c’est là qui guette le plus gros danger pour tout promu. Au Saint-Grégoire RMH, cette saison, la menace semble d’ores et déjà écartée, grâce à un stade de pré-saison parfaitement réussi à Dinard et une entame de championnat réussie. Pour ce faire, Olivier Mantès et son staff avaient cherché avant tout à se renforcer, plus qu’à recruter ! Pour parer au départ de Judith Franssen, demi-centre expérimentée et influente de ces trois dernières saisons, Laure Bulucua arrive de Mérignac, forte d’une expérience de deux montées en première division successives à Chambray puis à Mérignac. Pour Olivier Mantès, c’était une priorité, tout simplement : « On avait besoin d’une fille d’expérience. Elle défend et on avait besoin d’une rotation supplémentaire, notamment dans le secteur central. Elle est aussi capable de jouer sur les trois postes d’attaque » confie-t-il dans Ouest France. « Au niveau de la mentalité, je savais qu’il n’y avait pas de difficultés, c’est une bosseuse qui est très investie dans l’aspect des rôles de l’ombre. » A l’aile, la jeune et prometteuse Eden Dumoulin remplace Awa Kanté et a déjà marqué les esprits lors de la seconde journée de championnat en marquant huit fois à Sambre. Joueuse à fort potentiel, elle a rejoint Saint-Grégoire pour passer un palier. Dans les buts, Eglantine Rousseau a laissé sa place à Manon Sol, qui pour le moment, assiste comme à ses coéquipières au début fracassant de championnat de la capitaine Marie Lachat, 13 arrêts dans le Nord lors de la seconde journée, excusez du peu ! Avec un effectif complet sur tous les postes, alliance d’expérience mais aussi de jeunesse, mais surtout un ciment et une ambiance ayant pris la saison passée au gré des victoires et des longs déplacements, les filles du président Vinent Guyomard peuvent déjà avancer avec de belles certitudes.  

Une formule hallucinante…

Jamais à court d’idées pour réformer, les instances passent parfois à côté de l’essentiel avec des cheminements bien difficiles à comprendre… Celle de la division 2 féminine, cette année, atteint des sommets ! Prenez un stylo, et notez bien : deux poules de huit équipes démarrent le 31 août, soit très (trop) tôt dans l’année. Jusque-là, tout va bien. Début février, à l’issue des 14 matchs disputés (7 à domicile et 7 à l’extérieur), les deux poules sont scindées en deux pour donner vie à deux autres championnats : les play-offs pour les quatre premiers de chaque poule et les playdowns pour les quatre derniers. Vous êtes toujours là? Très bien, c’est maintenant que les affaires se corsent. Afin de garder une « pseudo » équité, les résultats obtenus face aux équipes classées entre 1 et 4 pour les équipes reversées en playdowns et contre les équipes 5 à 8 pour les équipes classées en play-offs sont purement et simplement effacés et chacun repart avec les points obtenus face aux équipes de « sa catégorie ». Autrement dit, un cinquième qui aurait eu le mérite de gagner trois fois contre des équipes du Top 4 voit ses points supprimés et repart avec le pécule obtenus face à ceux de son rang… Idem pour le haut de tableau ! Conséquences ? Inévitablement, au fil de la saison, certains matchs seront bien plus « cochés » que d’autres et de drôles de scénarios pourraient s’écrire lors du dénouement… Tout ça pour au final, quelle issue ? Si en poule haute, seule les équipes ayant le statut VAP pourront accéder à l’élite, en poule basse, ce sont quatre équipes (sur huit !) qui seront relégués en N1, soit la moitié de ce deuxième championnat où les équipes issues de la même poule ne se ré-affronteront pas ! Huit nouveaux matchs, donc, au programme, dont on ne sait ni où, ni quand ils se joueront ! Pratique et bien pensé par les instances, qui mettent les clubs face à la difficulté d’organiser en amont déplacements, « location » de salles, accueil et prestations auprès des partenaires…Pour plus d’informations, essayez éventuellement de contacter une Fédération qui n’a pas vraiment gâté ses clubs avec une réforme quelque peu fouillie…

De l’ambiance et du jeu !

Pour ses retrouvailles avec la division 2, le SGRMH n’a pu faire mieux que résister face à Saint-Amand, l’un des favoris à la montée, relégué de l’élite avant de s’incliner. Longtemps au coude à coude dans leur antre de la Ricoquais, toujours aussi bouillante et chauffée à blanc par les infatigables musiciens de Sagazic et l’excellent Maxime Neveu au micro, les Roses ont tenu jusqu’à la 45’ (15-15) avant de concéder trois buts en 120 secondes et de perdre le fil d’un match accroché, qui a offert de bons enseignements au staff. Lors de la seconde journée, ceux-ci furent mis à profit lors du déplacement toujours compliqué à Sambre (8 heures de bus !) dont les filles ont ramené leurs premiers points de la saison (27-30). Une réelle performance dans une salle toujours très hostile et compliquée à jouer, qui n’a pas manqué de satisfaire le coach Olivier Mantès : « On a connu un excellent moment au cœur de la seconde période où l’on marque six fois d’affilée et l’on se met à l’abri. Ensuite, malgré quelques petits trucs à régler, on a bien géré » expliquait au lendemain du succès le coach dans les colonnes de Ouest France. La suite des réjouissances offrira aux « Roses » la réception de Archenheim-Truchtersheim à la Ricoquais le 14 septembre prochain puis un déplacement à Octeville pour boucler septembre le 22, avant la coupe de France le 29 puis la reprise du championnat le 5 octobre face au Havre. L’occasion est belle d’enclencher une vraie belle dynamique et de prendre quelques points précieux, sans pour autant savoir s’ils compteront en février prochain… Le « charme » du sport, vu par une Fédération loin de faire l’unanimité sur ce coup-là…

Julien Bouguerra