C’est un mois de février étrange que vivent les habitués de Géniaux. D’un côté le CPB vient de passer pour la seconde année consécutive à un souffle de disputer les play-offs de Nationale Une pour la première fois de leur histoire. De l’autre, ils ont une occasion unique de frapper un très grand coup en disputant dimanche un historique huitième de finale de coupe de France à Nancy. De quoi en perdre son latin…

En rentrant dans la nuit de la froide Picardie, le 2 février dernier, l’ambiance n’y était forcément pas dans une GreenTeam probablement dépitée et meurtrie, restée une nouvelle fois à quai au moment d’embarquer pour les play-offs de N1. Pourtant, une semaine plus tôt, les « Noir et Vert » avaient fait le boulot en dominant le leader Vernouillet à la maison, gardant l’espoir d’aller au bout. Un petit goût amer pointait déjà en après-match avec un destin plus tout à fait entre les mains rennaises. Avec un match en moins mais un avantage en cas d’égalité parfaite, Gonfreville avait le bon jeu au moment d’abattre ses cartes. Finalement, les Cerclistes n’auront même pas eu à attendre la providence et le couperet est tombé à Amiens.

« Nous avions tout pour réussir… »

Un mal pour un bien, une vraie désillusion ? Difficile de tirer des conclusions de l’issue de cette saison régulière avec une équipe décidemment capable du meilleur comme du pire. Le meilleur, cette saison, les joueurs de Franck Prouff l’ont souvent montré à leur public, en coupe notamment, nous y reviendrons mais aussi à l’extérieur, à l’image d’un succès impressionnant chez Angers, seule équipe à avoir déposé un dossier VAP et elle aussi condamnée aux playdowns. Le pire, ce fut des points perdus en route contre Nogent à la maison ou encore en première partie de saison, face à Angers de nouveau à domicile. Constituée par une bande de potes soudée et une jeunesse émergente pleine de promesses, la cuvée 2018-2019 semblait armée pour se mêler à la lutte aux côtés des meilleures formations de N1 mais il faudra encore attendre un peu. Pas de regrets quant à une montée impossible en Pro Ligue (lire Rennes Sport de janvier, ndlr) mais plutôt la déception de ne pas se jauger contre des équipes à priori supérieures et de retrouver une poule de playdowns dénuée d’intérêt pour un troisième qui prend alors les rencontres les unes après les autres avec pour principale difficulté de trouver des leviers de motivations ! Blessé au moment du sprint final, Iann Jacqua-Boror témoigne : « Étant blessé il est très difficile de pouvoir encaisser l’issue de la saison régulière car j’ai juste l’impression d’avoir abandonné mes copains au pire moment dans cette bataille pour les play-offs. J’ai beaucoup d’amertume…. Sur l’issue du championnat, on a l’impression que les années se suivent et se ressemblent… Encore une fois, on n’y sera pas pour x raisons alors que nous avions tout à notre portée pour réussir… Pour le match à venir à Nancy, je serais encore absent mais je sais que les copains se préparent à tout donner pour continuer cette aventure qu’est la coupe de France et atteindre notre objectif. ». Tout pour réussir, c’est un fait ! Avec un effectif talentueux et renforcé l’été dernier par l’apport de Paul Sérinet sur la base arrière, le CPB disposait d’un effectif taillé pour remporter la saison régulière mais il faudra encore attendre. Avec le même effectif ? Si Olivier Laz a d’ores et déjà annoncé son arrêt en fin de saison, d’autres joueurs pourraient être amenés à passer la main : « Chaque année, tout le monde est en fin de contrat chez nous ! » soulignait le mois dernier dans nos colonnes Franck Roussel, président d’un club où le double-projet est le lien entre l’institution et les joueurs, plus qu’un contrat à temps plein pour jouer au hand.

« La marche est haute mais ne nous effraie pas »

Une consolation, pourtant, se profile à l’horizon et ce dès dimanche, avec un déplacement historique à Nancy, pour y disputer les 8ème de finale de la coupe de France. Performance énorme (le CPB est la seule formation de N1 à ce stade de la compétition), elle vient consoler un peu un groupe qui ambitionnait une deuxième partie de saison plus excitante mais qui a l’occasion d’écrire une histoire unique. Chez Nancy, second de Pro-Ligue, les Cerclistes n’auront rien à perdre, comme l’explique Olivier Laz, désireux de terminer en beauté : « Après cette première phase, une grande déception nous habite. À quatre matchs de la fin, nous avions encore les cartes en main. Malheureusement avec deux défaites dont une contre un concurrent direct et un nul à domicile face au dernier de la classe, nous nous sommes privés d’une belle fin de saison comme des grands garçons. Ce statut de tête d’affiche n’est pas pour nous pour le moment…. Il n’est pas encore l’heure de faire des bilans car il reste 12 matchs pour assurer notre maintien et surtout réussir à prendre du plaisir et rester motivés ! Pour pimenter cette fin de saison, il y a la coupe de France. Nous attendions un gros poisson à la maison pour en faire une fête et finalement, nous avons eu le pire tirage possible, la Proligue la plus lointaine et à l’extérieur… Les statistiques ne sont clairement pas en notre faveur mais nous y allons avec nos moyens et notre envie d’en découdre et de créer la surprise. Ce statut d’outsider est idéal pour nous !!! La Marche est haute mais ça ne nous effraie pas !!! Je crois en la GreenTeam et au plaisir que nous pouvons créer. On s’est mis l’objectif de jouer une Starligue à la maison, alors au boulot !!!! ». Réponse dès dimanche avant d’attaquer des playdowns d’ores et déjà moins sexy à venir !

Julien Bouguerra