Promise à une année de transition et travaillant dans la discrétion, l’Union Rennes Basket réussit une poule retour du feu de Dieu et grimpe au classement discrètement, sans faire de bruit, au point de pouvoir nourrir des ambitions inattendues pour cette fin d’année. Et si la Nationale Une devenait un vrai objectif de cette fin de saison ? Voici plusieurs bonnes raisons d’y croire ! 

Le calendrier.

Pascal Thibaud avait prévenu : la seconde partie de saison offrait un calendrier plus abordable aux rennais, avec neuf réceptions au programme. Pour le moment, force est de constater que le coach ne s’est pas trompé et que l’URB est en avance sur son tableau de marche. Souvent bons face aux « cadors » de la poule cette saison sans pour autant avoir été à chaque fois récompensés (défaites sur le fil à Berk, Calais ou encore Vanves après avoir longtemps été en position de s’imposer), les Rennais sont en pleine réussite sur cette phase retour et enquillent les points. Avec les venues du trio de tête à Colette Besson dans les saisons à venir, Calais (23 mars), Vanves (6 avril) puis de Laval (20 avril), la fin de saison s’annonce totalement passionnante et jouable pour les Rennais qui auront à négocier des déplacements compliqués au Mans et à Juvisy. Avec huit victoires consécutives donc cinq en championnat, l’URB est lancée sans se fixer de limites, malgré le récent du week-end passé face à Loon-Plage. Son fidèle public a devant lui de belles raisons d’avoir le sourire et aussi, l’espoir de play-offs plus que jamais accessibles. 

Un collectif soudé.

Dans cette équipe, pas de star ou de « Top joueur » venu de lointaines contrées chercher argent et célébrité. On le sait, l’URB s’est reconstruite sur une base mêlant formation à projet professionnel-études. Pour le moment, force est de constater que cela fonctionne, et plus que bien ! Avec une solide ossature autour de jeunes formés au club et arrivant à maturité, comme Lucas Fontaine le capitaine, Philippe Gautier et Joffrey  Sclear, les joueurs arrivés l’an passé confirment et consolident le projet. Nikola Djurasovic et Bojan Pelkic confirment leur excellente première saison, Louis Trohel et Brieuc Belloir apportent leur expérience et la connaissance du championnat, tandis que Yanis Tackerboust, arrivé l’été dernier ou encore Antoine Pesquerel, recruté il y a deux ans, se sont parfaitement intégrés au collectif rennais, que ce soit sur le terrain comme en dehors au travers du projet URB dans la cité. En dehors des parquets, ce groupe vit bien, passe du temps ensemble et nourrit son histoire de victoires, mais pas que… Les longs déplacements, parfois dans des conditions dantesques et rythmée par de longues parties de Loup-Garou (jeu de société, ndlr), les derbies remportés, les projets hors basket sont autant de moments qui soudent un groupe, et ajoute une force supplémentaire décisive dans les money-times. Un atout considérable pour le club pour aller toujours plus haut.    

Le projet est solide.

Quand vous évoquez les ambitions et les souhaits du club auprès de ses dirigeants, président en tête, la ligne est clairement définie, les idées limpides et la méthode déjà en place. En choisissant l’an passé de repartir presque de zéro, avec un fonctionnement repensé puis en affrontant des instances qui n’ont pas épargné un club pourtant peu avare d’efforts et de transparence dans sa gestion, l’URB a posé des fondations solides et planté en vue d’un avenir radieux un « arbre des possibles » dont les premières feuilles commencent à germer. Le public répond présent et les partenaires sont toujours solidaires et présents autour du projet et bien décidés à accompagner le club dans de bons moments à venir après en avoir connu de moins amusants. Hors terrain, les actions dans les quartiers et auprès des écoles continuent d’apporter écoute, soutien et solidarité à ceux qui en ont besoin. Sur le terrain de l’éthique, le label « Sport Ethic » est lui aussi toujours en plein développement, en étroite collaboration avec le club et ambitionne lui aussi un développement accéléré dans les mois à venir. Après avoir connu à deux reprises la N1 lors des dix dernières années, le club semble cette fois-ci parfaitement structuré à tous les étages pour revivre une aventure que toute une ville attend impatiemment.  

Un staff détonnant !

Impossible de ne pas le voir si vous vous rendez un soir de match du côté de Colette Besson : Pascal Thibaud, c’est une classe, un costume, un col mao et un charisme incontestable, écouté et respecté de ses joueurs. Son vécu du monde professionnel comme sa connaissance aigue du basket sont un précieux atout au moment d’affronter les différents caps se présentant à ces joueurs dans les semaines à venir. Arrivé dans la capitale bretonne en 2012, il a connu les hauts et les bas du basket rennais mais surtout, est une des pierres angulaires du projet URB lancé en début de saison passée, quand peu ou plus de personnes croyaient encore en un avenir au haut niveau. Quatrièmes l’an passé, ses joueurs répondent aux attentes et offrent au technicien vendéen la perspective, en cette fin de saison, d’un retour à un niveau qu’il connaît déjà parfaitement. La réussite actuelle n’est cependant pas le fait d’un seul homme. A ses côtés, deux « petits jeunes », pour qui les compétences n’ont pas attendu les années. Pierre Golvan à la préparation physique et Bastien Demeuré, entraîneur adjoint et spécialiste de l’analyse tactique, notamment sur le plan vidéo, abattent un travail remarquable et remarqué et ont une part importante, eux-aussi, dans les très bons résultats. Un attelage gagnant qui pourrait bien mener l’URB vers ses objectifs plus tôt que prévu.  

Des individualités au top.

Ne demandez pas au coach ni aux dirigeants de sortir telle ou telle individualité d’un collectif parfaitement rôdé et solidaire. Non, le jeu serait dangereux et sans intérêt sportif. Pourtant, plusieurs joueurs cette année, ont passé un nouveau cap et à ce petit jeu, à l’image de Joffrey Sclear et Philippe Gautier, formés à Rennes. Tandis que le numéro 4 rennais a passé un cap cette année et enchaîne les points avec régularité et les trois points, son compère progresse et s’affirme lui aussi à vitesse grand V. Leur efficacité, conjuguées à une combativité jamais démentie en font un atout ajouté aux bosniens Bojan Pelkic et Nikola Djurasovic, toujours aussi efficaces et désormais plus imprévisibles dans le jeu, avec une palette de rôles et de responsabilités élargis. Si le danger peut évidemment venir de partout, l’URB tient là de sacrés leaders et hommes décisifs, indispensables pour mener à bien une mission vers les play-offs en très bonne voie pour être accomplie. 

Julien Bouguerra