A la sortie de la première défaite de la saison concédée au bout du suspens contre Poitiers, dans un match de titans, Miguel Tavares, nouveau capitaine du Rennes Volley 35, ne s’est pas dérobé et a évoqué l’excellent début de saison de son équipe, sans occulter le travail restant à charge pour confirmer au fil des semaines.

Vous perdez contre Poitiers votre premier match en cinq sets mais vous avez livré un superbe combat. La satisfaction est-elle malgré tout de mise ?

Non, on ne peut jamais être satisfait de perdre, d’autant plus que Poitiers n’est pas un favori du championnat. Ils vont batailler comme nous pour jouer les play-offs et sont du même niveau que des équipes comme Tourcoing par exemple. C’est une belle équipe oui mais nous aurions pu mieux faire. Nous, nous avons beaucoup de choses à mettre au point, même si nous avons bien commencé. Ce n’est que le début. C’est plus facile de jouer quand les victoires s’enchaînent mais face à Poitiers, nous étions dans un jour « moins bien ». 

Comment juges-tu ce début de saison canon, avec quatre victoires d’affilée ?

Nous avons encore beaucoup de choses à travailler mais oui, c’est satisfaisant. Nous réussissons à trouver les forces mentales et physiques pour revenir dans des sets qui sont mal engagés. Ce fut le cas contre Ajaccio, où nous avons souffert. A Tourcoing, il y eut toujours deux points d’écart, pas beaucoup plus. Nous n’écrasons pas nos adversaires, chaque match est un combat, une vraie lutte. Rien ne sera facile, vraiment. Contre Poitiers, nous sommes revenus dans le quatrième au mental. Si on continue à bosser autant, nous aurons des résultats.

Tu es arrivé cet été à Rennes depuis Tourcoing. La Bretagne te plait ? Comment se passe ton adaptation ?

Pour le moment, ça se passe bien. Rennes est une jolie ville avec la mer pas très loin, ce qui est un vrai plus. J’aime bien le centre-ville, son ambiance. Avec les coéquipiers, nous faisons pas mal de choses ensemble, nous allons manger dans le centre, nous essayons de nous retrouver en dehors des entraînements. Il y a une vraie belle ambiance entre nous.

Le groupe semble se connaître depuis des années…

Il y a un bon groupe et cela nous aide beaucoup pendant les matchs. Quand un joueur est en difficultés, tous les autres l’aident et sont avec lui. C’est important, ça donne beaucoup de confiance en soi mais aussi dans le fait de pouvoir compter sur les partenaires. 

Le brassard, c’est une belle marque de confiance de la part du staff ?

Oui, en effet, je ne suis pas le plus vieux, au contraire et j’essaie de remplir au mieux mon rôle, de parler sur le terrain, d’encourager, tout le temps. J’essaie de ne pas trop penser à ça, je joue mon jeu et je reste moi-même. Si je fais ainsi, ça devrait bien marcher.

Ton retour à Tourcoing a été remarqué dans le Nord, avec un accueil très chaleureux. Ce dut être un match particulier pour toi ?

Oui, vraiment. J’ai passé deux saisons là-bas et ce fut vraiment génial. Ce n’était pas une équipe mais une famille pour moi. Tous les joueurs qui sont restés, le public, ce fut vraiment émouvant de les retrouver, c’était un peu comme si je rentrais à la maison.

L’objectif cette saison, ce sont les play-offs, pour les joueurs comme pour le club ?

Tous les joueurs sont ambitieux, oui, et le club aussi, bien entendu. Mais il ne faut pas penser à ça pour le moment. L’objectif, c’est de travailler, chaque jour, à chaque entraînement sans relâcher en donnant tout.  C’est une mentalité, chaque match doit être abordé avec la soif de gagner, que ce soit un amical, un match de championnat ou une finale. J’essaie de transmettre cet état d’esprit en tant que capitaine.

Tout le monde parle du six de départ mais que penses-tu de la jeunesse qui vous accompagne ?

Ce six-là ne serait peut-être pas avec les résultats que l’on connaît si nous n’avions pas la superbe opposition que nous proposent les jeunes à l’entraînement toute la semaine. Si nous n’avons pas Valentin, Baptiste, Pierre, Paul ou Julien qui nous poussent dans nos retranchements, ce n’est pas la même. Ils sont très importants au quotidien, autant que les titulaires. C’est le choix du coach et du club d’avoir constitué le 

Un mot sur le public ?

Je suis désolé que nous ayons perdu contre Poitiers. Ici, le public est chaud, ils nous permettent de gagner des points. J’étais très déçu d’avoir perdu contre Poitiers avant tout pour eux ! La salle était pleine, l’ambiance énorme. Ils méritaient qu’on leur offre la victoire.

Quels sont tes objectifs avec la sélection ?

Nous sommes qualifiés pour la Nation League. Ensuite, nous visons une qualification pour les championnats d’Europe. Il y a deux matches à jouer contre la Croatie et l’Albanie. Pour le moment nous sommes premiers du groupe devant l’Autriche et nous avons de bonnes chances de nous qualifier. Je joue toujours avec fierté pour mon pays, je fais tout pour aider mon équipe nationale. Petit à petit, le volley grimpe au Portugal et je fais tout pour amener ma contribution à cela.

Recueilli par Julien Bouguerra