Dans le staff d’Olivier Mantès, coach historique des « Roses » de Saint-Grégoire, Pierre Dubois, préparateur physique, s’occupe de la préparation athlétique, du suivi physique et de la prévention de pépins pour les joueuses du SGRMH. Descendues d’un rien la saison passée, les Grégoriennes entendent bien ne pas s’éterniser en N1. Et seront préparées en conséquence… 

Pierre, quelques semaines après le verdict de la descente, avec le recul, les filles avaient-elles les arguments pour se sauver, notamment sur le plan de la préparation physique ?

Physiquement, nous n’avons jamais été à la rue sur la saison. Sur le mode d’organisation tel qu’il est en place chez nous, la difficulté, pour les filles, est de gérer un double emploi du temps. Celui de joueuse et celui de salariée à mi-temps. La difficulté, dans le travail, c’est de gérer les à-côtés. Si elles étaient à temps plein, auraient elles le même rendement ? Je ne le sais pas. La difficulté est alors de mettre en place les différentes charges de travail et de réussir à les faire progresser sans avoir à interférer dans leur quotidien. 

Combien d’entrainements sont mis en place par semaine ?

Nous étions à quatre entrainements par semaine et une séance de musculation l’an passé, nous resterons sur ce rythme. Il demande aux filles beaucoup de travail, d’exigence, de concentration et une hygiène de vie irréprochable. 

Des modifications sont-elles envisagées suite à la descente dans le fonctionnement quotidien et la préparation ?

Nous allons partir sur quelque chose d’encore plus structuré pour parfaire la prévention, les protocoles d’échauffements et essayer d’individualiser plus qu’avant. Nous voulons nous améliorer dans la préparation à l’effort physique, au dépassement de soi, avec une plus grande maîtrise.

Quels outils ou méthodes pouvez-vous mettre en place pour prévenir des gros pépins ? L’an passé, vous n’avez pas été épargnés ! 

Nous faisons de gros efforts pour limiter les risques. Nous avons des tests physiques poussés en début de saison, où  l’on travaille sur le test Cybeix (test isocynétique) pour le genou, qui permet des tests isocinétiques qui permettent de connaître les ratios de force entre le quadriceps et les ischios-jambiers. Cela permet de savoir des exercices adaptés pour prévenir de blessures éventuelles, notamment les ligaments croisés. 

Y’avait-il des signaux pour les blessures de la saison passée ?

Il y a un peu la faute à pas de chance, bien sûr et je tire mon chapeau aux filles qui ont bossé dur toute l’année et tout fait pour être à 100 % dès que c’était possible. Nous serons plus vigilants et plus intransigeants la saison prochaine. Je sais que le club va aussi travailler avec notre partenaire les Athlètes du bienêtre-Triballat pour réfléchir et agir sur l’équilibre alimentaire. Il y a eu de belles réussites à ce niveau-là. Là où il faut aussi progresser, c’est dans l’accompagnement au quotidien. Quand les filles rentrent de l’entraînement, elles doivent savoir quoi manger, commnte le préparer et vite, car il y a les études derrière. A nous de leur préparer des fiches, des astuces.

Cette descente va-t-elle permettre aussi d’apprendre, vous rendre plus forts ?

La descente n’est pas une fin en soi. L’objectif du club est de remonter le plus vite possible et de se structurer. Chez nous, il y a des pros à tous les niveaux et l’objectif est de continuer la progression, au-delà du résultat en lui- même.

Avec la montée de la B, vous avez un gros réservoir et de belles possibilités ?

Cette année, nous étions à quelques buts de se maintenir, on descend au goal-average particulier, avec des filles issues du coin ! Il y avait quatre filles d’Ille et Vilaine et d’autres bretonnes, cela montre l’implantation locale, avec 8 joueuses bretonnes pour un niveau D2, ce n’est pas rien ! Par ailleurs, Je retiens l’investissement de tous les bénévoles, des dirigeants et de nos supporters, ils sont 800 à chaque matches, c’est fabuleux ! Il y a beaucoup de positif sur les trois dernières années, avec un petit goût d’inachevé sur la dernière saison.

La préparation à venir, quelle sera-t-elle ?

Nous avons déjà calé tous les matches amicaux. Nous reprenons le 1 août. Il y aura aussi un stage à Dinard, pour la cohésion d’équipe, afin d’intégrer les nouvelles et mettre dans de bonnes dispositions celles qui étaient là l’an passé. Sur le côté athlétique, je vais travailler sur les capacités d’aérobie, sur la vitesse d’exécution. Je vais beaucoup demander aux filles, définir le curseur de chacune d’elles, qu’elles connaissent leurs limites pour pouvoir jouer ensuite puis libérées. Il y aura  des mix PMA avec et sans ballon, afin d’avoir une maîtrise de plus en plus affinées des capacités de chacune. Et puis il faudra retravailler la base du sport, qui reste l’athlétisme. Nous devons être à l’écoute des compétences plus que des volontés de jeu, bien légitimes, de chacune, en travaillant le foncier pour la saison. Ce travail va servir les objectifs et les filles elles-mêmes pour durer. Il faudra du mental et du physique.

Le programme sera-t-il celui d’une équipe de division 2 ?

L’objectif, c’est d’être prêt physiquement. Moi, je serai encore plus exigent, je ne lâcherai rien. Nous avons travaillé ensemble, on s’est concertés, il y a beaucoup de dialogue. Nous attendons de l’exigence, notamment des joueuses envers le collectif. Nous avons eu un coup de frein avec la descente mais ce n’est pas un coup d’arrêt. Nous avons tous les outils et les armes pour ambitionner de remonter.