Président depuis 2005, Vincent Guyomard se réjouit d’être à la tête d’un club en bonne santé financière, ambitieux et souhaitant se stabiliser avant de viser le plus haut niveau. Entouré d’une équipe de bénévoles investis dont Murielle, sa femme, il porte le Rennes Métropole Handball (jouant depuis 2012 sous l’appellation St-Grégoire RMH) et continue de structurer le club et de préparer l’avenir. Avec encore beaucoup de travaux à effectuer !

Comment jugez-vous ce début de saison, la deuxième à ce niveau ?
Nous ne sommes pas en retard.On s’attend à un championnat difficile. La victoire à Celles-sur-Belle était une très belle surprise comme la défaite face à Aunis La Rochelle une déception.Nous n’avons pas forcément pris les points là où on le pensait. Et puis il faut s’adapter aux blessures …

Vous en accusez deux sur le même poste !
Oui,c’est en cela que c’est très dur !Anne- Gaëlle Chevallier s’est blessée au tendon d’Achille cet été puisAlice Barrès,elle,s’est rompue les ligaments du genou le mois passé.Au-delà, déjà, du malheur pour nos deux joueuses (ndlr : il s’agit de la troi- sième rupture des croisés pour Alice Bar- rès, déjà victime de cette  blessure  deux fois sur l’autre genou), c’est très dur car nous perdons nos deux pivots pour la sai- son et c’est un poste tellement spécifique  que l’on ne peut pas trouver une solution dans l’instant pour parer à leur,il faut s’adap- ter. Léa Codazzi, une jeune joueuse issue de la formation du club, assure l’intérim. Elle jouait en N3 l’année dernière, et elle se débrouille bien.

Êtes-vous satisfait du recrutement ?
Nous avons fait des choix de joueuses à mi-temps. Nous sommes plutôt satisfaits car ces filles sortent majoritairement de centres de formation. Cela rentre dans le fonctionnement du club d’aller chercher des joueuses qui trouvent une réponse et une continuité sur Rennes à leur double projet sportif et scolaire ou professionnel. Par contre, c’est toujours compliqué de démarrer une saison avec un effectif renou- velé.

Le club a surtout investi, financièrement, sur les structures et les formateurs ?
Nous avons la priorité de structurer le club, pas forcément que sur les cadres tech- niques. Olivier Mantès est passé à temps plein l’année dernière.Pierre Dubois s’oc- cupe du centre de formation, que l’on a créé cette année avec le soutien du Conseil Régional.Il y a cinq cadres salariés,pas tous à temps plein mais nous faisons partie des clubs à ce niveau doté d’un bel encadre- ment professionnel. Sur le club dans son ensemble,il y a tout de même 22 équipes, de tous les âges chez les garçons et les filles. Nous assurons la formation jusqu’au moins de 15 ans garçons et filles.Ensuite,les gar- çons les plus prometteurs migrent vers le pôle formation de Cesson. Pour les filles, en moins de 18 ans,les meilleures intègrent l’entente Alliance Rennes Haute Bretagne 35, sous notre égide, puis la Nat 3 voire la D2F selon leur potentiel.

Financièrement, à quel niveau se situe le club par rapport aux autres de la division ?
Nous sommes dans la moyenne.Il y a deux statutsVAP,Celles-sur-Belle et Saint-Amand qui ont six et sept joueuses  professionnelles à temps plein. Sur toute la division, il y a 42 joueuses en tout bénéficiant de contrats pros, pleins ou partiels. Chez nous, il y en a dix,ce qui peut paraître beaucoup et sur- prenant quand on voit les effectifs de nos concurrents !Attention,il ne faut pas ima- giner des fortunes,cela reste modeste.Pour des joueuses qui sortent de centre de for- mation,c’est leur premier contrat pro mais cela permet aux filles de vivre correcte- ment et de pouvoir s’investir sereinement dans les entraînements tout en poursuivant leurs études ou projets pros. On a travaillé la structuration pour avoir     des joueuses pros à mi-temps.

Olivier Mantès est là depuis le début. Quelles sont vos relations ?
Il est reconnu comme entraîneur de très bon niveau et a décidé d’accompagner un projet qui est en progression depuis qu’on s’en occupe. Il contribue évidemment à l’évolution du club depuis le début. Aujourd’hui,il sait ce que l’on peut faire et offrir et ne demande jamais rien d’autre. C’est un garçon qui s’adapte, qui a cette capacité à faire avec ce qu’on lui offre et fixe.

Cette année, l’objectif est le maintien ? A terme, la LFH est en ligne de mire ?
Oui, la seconde saison n’est jamais la plus simple. Il faut stabiliser. Nous avons des joueuses qui sont sur des contrats de deux ans,nous voulons les voir progresser avec nous,bien évidemment et amener le niveau global de l’équipe plus haut.Aller plus haut ensuite ? C’est l’objectif du club,oui.Sous combien de temps, on ne sait pas. Il faut pour cela continuer de nous structurer à tous les niveaux,intégrer toujours de nou- veaux partenaires et pour cela,développer la structure commerciale et augmenter le budget pour répondre aux exigences du statut VAP.

Quels rapports entretenez-vous avec la Ville de Rennes étant domiciliés à Saint-Grégoire ?
Non, nous sommes bien une association rennaise donc domiciliée à Rennes (le siège social du club est situé au sud de Rennes). Seul le haut niveau féminin joue à Saint- Grégoire et nous nous ne nous y entraînons qu’une fois, nos équipes de l’Alliance Rennes Haute Bretagne 35 jouent sur Rennes.Nous nous entraînons au lycée Bré- quigny,dans l’enceinte de l’établissement, via un partenariat qui nous héberge pour les entraînements de D2, N3 et -18 ans nationale. La plus grosse partie du club, la formation, est à Acigné, totalement indé- pendante de Rennes.Rennes héberge notre filière de formation au haut niveau féminin. Mais le fait d’être sur plusieurs communes et villes ne nous simplifie pas la vie…

Pourquoi ?
Nous ne sommes pas considérés comme un club de haut niveau rennais.Pour laVille de Rennes,nous sommes un club extérieur car on joue les matchs à Saint Grégoire. Mais vous savez,si nous avions pu jouer à Rennes,nous serions bien sûr restés.Nous jouions salle Rapatel à Rennes,dans la salle du Collège.En 2011,pour relancer le projet sportif du club (on allait descendre en Nat 2),nous avons recherché une salle adaptée au haut niveau. Nous avons contacté les maires des communes de la métropole ren- naise disposant d’une infrastructure spor- tive adaptée (pas beaucoup) … et suscep- tible de nous accueillir pour les matchs et c’est la mairie de Saint-Grégoire qui nous a dit banco,on y va.En cela je remercie son maire,Monsieur Breteau de nous avoir per- mis de continuer l’aventure et de dévelop- per le handball féminin de haut niveau sur la Métropole Rennaise.Mais de ce fait,nous avons perdu,sans le vouloir,une subvention de club de haut niveau,au même titre que le Rennes Volley 35. La Ville de St Grégoire nous a accueillis en nationale 2 et nous accompagne depuis septembre 2012 avec 2 montées à la clé dont celle en D2 en 2016. Nous mettons ainsi en lumière la ville de Saint-Grégoire. Il y a un contrat d’image avec elle mais absolument pas de subvention municipale. La ville de Saint-Grégoire comme Rennes Métropole sont des « partenaires privés » comme les autres. Nos subventions de la ville de Rennes ne concernent que la for- mation et les moins de 18 ans. La subvention du Conseil Régional est associée au centre de formation.

Sur le plan plus émotionnel, en tant que président, les joueuses sont-elles un peu vos « filles » ? Y’a –t-il un côté affectif qui fait de vous le plus heureux des hommes entourés par vos « roses » ?

Ça a été le cas,ça l’est un peu moins avec l’arrivée du professionnalisme.Je suis président, donc aussi le patron, même si j’ai de très bonnes relations avec mes joueuses. Cette transition,je l’ai vécue quand j’ai vu arriver des joueuses professionnelles.C’est une proximité différente entre l’époque Nationale 2 et aujourd’hui mais c’est sain et normal.Il y a un contrat de travail comme un autre.Le seul moment où je sors de mon rôle de patron,c’est quand les joueuses se blessent ! Je le vis toujours très mal,l’affectif prend le dessus, ça me touche.

Pour conclure, si vous aviez un souvenir au-dessus de tout ou une joueuse vous ayant marqué, lequel et qui vous viennent à l’esprit ?
La première montée en nationale 2 ! On va chercher la montée contre la réserve de Brest à Lesneven et on joue avec les maillots verts de Lesneven ! Nous gagnons à la der- nière minute.Cette victoire et cette montée ont été le lancement de notre projet. Je n’oublie pas non plus la montée en D2,qui est arrivée plus tôt que prévue.Ce fut une saison fantastique, nous n’avions pas le meilleur groupe de la division mais c’était une équipe de battantes,avec la plus belle récompense qui soit pour des partenaires comme Sojasun et Sodico, qui sont là depuis longtemps. Une joueuse enfin ? Je pense à Audrey Le Merrer.Je la sors du lot car elle a accompagné le projet très long- temps sportivement,de la Nationale 3 des débuts jusqu’à la remontée en Nationale1. Aujourd’hui,elle joue toujours pour donner un coup de main en encadrant nos jeunes joueuses du club,elle fait partie du conseil d’administration du club et est impliquée.Elle assure et représente la conti- nuité, mais incarne aussi l’esprit de notre club.

Recueilli par Julien Bouguerra